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2005 - Les Colloques de Menton

  • Science et conscience - "Albert Einstein : l’homme, l’oeuvre, le mythe"
  • La cité des hommes - "Après le 29 mai 2005 : quelle France, quelle Europe ? "
  • Quelle philosophie pour notre temps ? - "Le retour du tragique"
  • Rencontres sur les origines - "La naissance de l’univers : ce que l’on en sait, ce que l’on en pense"
  • "Les religions face à la laïcité"
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Compte rendu des Colloques de Menton - 2005

Science et conscience - "Albert Einstein : l’homme, l’oeuvre, le mythe"
samedi 8 octobre 2005

Cent ans après la publication des quatre articles fondateurs de la théorie de la relativité et cinquante ans après sa mort, c’est tout naturellement qu’Albert Einstein tient une place particulière en cette année 2005, déclarée par l’Unesco, « année mondiale de la physique ». Einstein n’a que 26 ans lorsqu’il publie les bases de sa théorie et 42 lorsqu’il reçoit le prix Nobel.

Scientifique hors du commun, « Einstein est à la fois le dernier des physiciens classiques et celui qui a le plus fait pour donner à la physique une nouvelle orientation au début du XXème siècle. Fondateur de la théorie quantique en 1905, il a suivi de près son évolution dans les années 20-30. Les réticences qu’il a manifestées à son égard sont aujourd’hui une source d’inspiration pour tous ceux qui travaillent à la pointe de la recherche théorique dans ce domaine, dont les multiples applications façonnent notre quotidien. Fondateur de la théorie de la relativité, il en met en œuvre le principe en deux étapes : en 1905, avec la relativité restreinte et en 1916, avec la relativité générale. Il est également le fondateur de la cosmologie moderne. Là encore, son œuvre s’avère d’une remarquable longévité puisque l’on continue à explorer les conséquences des idées qu’il a avancées voici maintenant près d’un siècle »*.

Cependant, il est impossible de réduire Einstein à son œuvre qui, pour les non-spécialistes, se résume le plus souvent à une équation compliquée et à une citation galvaudée. Bien sûr, on connaît l’image du scientifique génial et excentrique qu’un photographe a fixé à jamais. Mais qui est réellement Albert Einstein ? Un petit garçon qui parle très tard ? Un jeune homme que les études ennuient et qui renonce à les poursuivre ? Un scientifique génial ? Un usurpateur qui n’a fait que porter la relativité à la connaissance du public ? Un pacifiste, défendeur du peuple juif, qui attirera l’attention de Roosevelt sur la nécessité de posséder la bombe atomique avant l’Allemagne hitlérienne et qui, cinq ans plus tard, lui demanda de ne pas l’utiliser ? Comme celle de tous les grands hommes, la vie d’Einstein est entourée d’une légende blanche et d’une légende noire tendant à effacer la réalité de l’homme au profit d’une image mythifiée qui trouve autant son origine dans les découvertes scientifiques d’un grand savant que dans les convulsions d’un siècle porteur de toutes les espérances et père de toutes les barbaries.

* Françoise Balibar

Les intervenants :

  • Françoise Balibar : Professeur de physique de 1964 à 2001 essentiellement à l’Université Paris VII-Denis Diderot
  • François de Closets : Journaliste, producteur et présentateur des magazines Savoir plus santé (1992-2000) et Les énigmes de la science (depuis 1994) sur France 2
  • Jean-Marc Lévy-Leblond : Epistémologue, Professeur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis. Fondateur et directeur de la revue Alliage

La cité des hommes - "Après le 29 mai 2005 : quelle France, quelle Europe ? "
samedi 15 octobre 2005

Le 29 mai 2005, les Français, s’exprimant par référendum, n’ont pas ratifié le traité constitutionnel européen que la France avait pourtant grandement contribué à élaborer. S’il est encore trop tôt pour prendre la pleine mesure des conséquences de ce vote, un certain nombre d’évolutions, pour l’Europe et pour la France, se dessinent et entraînent d’inévitables questions. L’Europe politique a-t-elle été définitivement balayée par l’Europe économique ? L’Europe de demain sera-t-elle britannique : libérale et atlantiste ? Y-a-t-il un risque qu’un axe germano-anglais se substitue au couple fondateur franco-allemand ? Quelle sera désormais la place de l’Europe sur la scène internationale ? Un point semble acquis : la reprise du processus d’intégration européenne a pour préalable la clarification de son identité et donc aussi de ses frontières. Dès lors, un retour sur le débat dont les citoyens européens ont été privés lors de l’élargissement de 2004 semble s’imposer. Dix nouveaux membres ont rejoint l’Union sans que le projet européen soit redéfini. Comment ne pas craindre, dans ces conditions, qu’un élargissement trop rapide ne nuise pas à la consolidation des fondations de l’Europe et notamment de son assise démocratique ?

La France, quant à elle, semble figée dans une crise multiple ; une crise économique avant tout caractérisée par une faible croissance, par la diminution de sa compétitivité sur le plan international, par la stagnation des revenus des ménages et un chômage endémique dépassant 10% de la population active ; une crise politique ensuite marquée par une remise en cause virulente de la représentation, avec un corps social qui a voté à 55% pour le « non » tandis que la classe politique s’était engagée à plus de 90% pour le « oui » ; une crise morale enfin comme en témoignent certaines dérives lors de la campagne électorale : démagogie, méfiance envers l’étranger allant parfois jusqu’à la xénophobie, banalisation du thème de la préférence nationale. Mais l’on n’agite pas sans risque le drapeau de la peur, de l’isolationnisme et du repli sur soi. Aussi, nous assistons à l’émiettement de la nation en individus, indifférents à leur destin collectif, versant dans l’individualisme ou dans le communautarisme. La France semble traverser l’une des plus graves et des plus profondes crises d’identité de son histoire récente. Reste l’espoir que le 29 mai 2005, tel un électrochoc, nous permette de prendre conscience que le coût du statu quo est aujourd’hui infiniment supérieur au risque du changement.

Les intervenants

  • Bernard Guetta : Spécialiste de géopolitique, chroniqueur à l’Express et à France Inter
  • Jean Claude Guibal : Maire de la ville de Menton
  • Claude Imbert : Journaliste, fondateur du magazine Le Point, fondateur-éditorialiste depuis 2000

Quelle philosophie pour notre temps ? - "Le retour du tragique"
samedi 22 octobre 2005

« Telles des mouches aux mains d’enfants espiègles, tels nous sommes entre les mains des dieux » Shakespeare - « Le roi Lear »

« Individuelles ou collectives, les tragédies sont le lot commun des sociétés humaines où l’antagonisme des intérêts et des désirs de chacun des individus, des clans ou des peuples, semble incapable de trouver une autre issue que la guerre ouverte ou larvée avec son cortège de malheurs. Emportée dans les soubresauts de cette histoire, la condition humaine est-elle tragique ? L’homme fait l’expérience du tragique lorsque un événement malheureux fait irruption dans son existence en réduisant à néant la libre possibilité de disposer de sa vie et de son destin. L’homme peut également penser le tragique. Quand il accède à la conscience de lui-même, l’homme se découvre comme vivant qui n’habite la vie que d’une façon précaire, soumis à la morsure du temps qui ruine ses attentes et voué à la mort. »*

Le tragique a refait cruellement irruption dans la vie de l’homme contemporain qui est confronté à des événements incontrôlables qu’ils soient naturels ou sociaux et qui ne lui sont pas, dans la plupart des cas, étrangers. Le sentiment du tragique est d’autant plus présent dans la vie de l’homme postmoderne que les grands concepts porteurs de sens sur lesquels s’était fondée la modernité prométhéenne : travail, progrès, raison, semblent épuisés. Le sens de l’histoire se transforme en un destin aux contours bien plus incertains. L’homme du XXIème siècle fait l’expérience du non-sens fondamental. Il semble privé des systèmes de croyance, allant de la foi en un grand ordonnateur à celle dans l’avenir, qui préservaient les hommes de l’affrontement massif en leur présentant une vision acceptable des choses. La lucidité critique de notre temps a détruit ces perspectives.

La pensée tragique est une pensée attentive à la contradiction et à la tension constitutives de la condition humaine. Elle s’attache à la part sombre, au manque, au creux qui structurent l’existence des hommes. Selon Michel Maffesoli, une vraie sagesse peut être définie comme « une sagesse démoniaque, celle du démon, du double, de l’ombre, en soi et dans le corps social, une sagesse qui sait intégrer le désordre et rendre forte une société ainsi immunisée ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la conception tragique de la vie peut se transformer en un vigoureux appel au réenchantement du monde tel qu’il est.

* François Chirpaz - « Le Tragique » - PUF, coll. « QSJ ? », 1998

Les intervenants

  • François Chirpaz : Philosophe
  • Michel Maffesoli : Sociologue, Professeur à la Sorbonne, directeur du Centre d’Etudes sur l’Actuel et le Quotidien (Paris V)
  • Jean-François Mattéi : Professeur à l’Université de Nice Sophia-Antipolis et à l’IEP d’Aix-en-Provence

Rencontres sur les origines - "La naissance de l’univers : ce que l’on en sait, ce que l’on en pense"
samedi 29 octobre 2005

Jusqu’au XVIème siècle, donc avant Galilée, l’univers était considéré comme un monde fermé dont la terre était le centre. Il est maintenant admis que l’univers n’a ni centre ni limite. Pourtant, la signification même du mot « univers » porte toujours la notion d’unité, en même temps que celle de diversité. Les scientifiques tentent d’expliquer l’univers dans sa diversité, mais en partant de l’idée d’une origine unique : le Big Bang. Les modèles du Big Bang sont décrits par la cosmologie. Ils représentent ce que l’on sait de nos jours sur l’origine de l’univers.La cosmologie moderne s’est développée à partir du début du XXème siècle grâce à la théorie de la relativité générale élaborée par Einstein en 1916. Dans les années 1920, le russe Friedmann et le belge Lemaître proposèrent un modèle d’univers qui se dilate au cours du temps.
Des observations permises par des télescopes, déjà puissants pour l’époque, montrèrent en effet que les galaxies s’éloignent les unes des autres. Lemaître avança alors la théorie de l’atome primitif, ancêtre de la théorie du Big Bang. Il y a 15 milliards d’années environ, l’univers était concentré dans un très petit volume. Sa chaleur et sa densité étaient fantastiquement élevées. Le Big Bang correspond au moment du début de l’expansion et du refroidissement de l’univers mais il n’explique pas son origine. Le moment de l’origine et le moment du Big Bang sont séparés par une durée infime, 10 - 43 secondes, nommée temps de Planck. Les scientifiques s’avouent incapables de comprendre le temps zéro qui précède le Big Bang. De plus, les découvertes récentes en matière d’« énergie du vide » ou « énergie sombre », s’opposant à la gravitation, ont accéléré la remise en cause du modèle « standard » du Big Bang qui pose à la fois des problèmes scientifiques et métaphysiques. On ne peut échapper à deux interrogations fondamentales : pourquoi le Big Bang et qu’est-ce qui l’a précédé ?Dans l’état actuel de nos connaissances, le temps zéro représente-t-il la frontière entre la science et la foi ?

Les intervenants

  • Père Jacques Arnould : Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie
  • Etienne Klein : Physicien au CEA, docteur en philosophie des sciences, Professeur à l’Ecole Centrale de Paris
  • Marc Lachièze-Rey : Docteur ès Sciences, directeur de recherches au CNRS et astrophysicien au Centre d’Etudes de Saclay

"Les religions face à la laïcité"
5 novembre 2005

Les intervenants

  • Père Yves Combeau : Diplômé de l’Ecole du Louvre et de l’Ecole nationale des Chartes, titulaire d’un DEA de théologie et de philosophie
  • Henri Pena-Ruiz : Professeur agrégé de philosophie, Maître de conférence à l’IEP de Paris
  • Michel Winock : Historien, Professeur à l’IEP de Paris, fondateur de la revue Histoire



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