Accueil > Arts et Histoire > Penser notre temps > 2006 - Les Colloques de Menton


Les travaux à venir

Jusqu’à l’été 2017, plusieurs chantiers seront rendus nécessaires pour la rénovation des réseaux...

RESEAUX SOCIAUX

separation

VOS DEMARCHES EN LIGNE



separation

2006 - Les Colloques de Menton

  • Science et conscience : « L’homme, la mort, l’immortalité »
  • La cité des hommes : « La France traverse-t-elle une crise d’identité ? »
  • Quelle philosophie pour notre temps ? : « L’actualité des sagesses antiques »
  • Rencontres sur les origines « Science et quête de sens »
PDF - 428.3 ko
Compte rendu des Colloques de Menton - 2006

Science et conscience : « L’homme, la mort, l’immortalité »
7 octobre 2006

Tous les hommes ont en partage leur condition de mortels. Pourtant, la relation qu’ils entretiennent avec la mort est loin d’être étrangère à leur culture. L’historien Philippe Ariès, dans son ouvrage Essais sur l’histoire de la mort en Occident, décrit, à l’époque du Moyen Age, une « mort apprivoisée » que les vivants pouvaient regarder sans détour. Les cimetières étaient alors des lieux de sociabilité. C’est au tournant du XVIIIème et du XIXème siècle que s’amorce un vaste mouvement d’occultation de la mort. On la rend de plus en plus invisible dans les villes ; on implante les cimetières hors des cités ; on meurt à l’hôpital plutôt que chez soi. Ce processus, vieux de deux siècles, s’est accéléré après la Seconde Guerre Mondiale pour culminer de nos jours, où la mort semble frappée d’interdit. Le sujet moderne, dont le travail d’élaboration du sens et d’acceptation de la mort est rendu plus difficile par l’affaiblissement du sentiment religieux et des mythes post-mortem, a tendance à se réfugier dans le déni de la mort et de tout ce qui s’y rapporte : le deuil, la souffrance, les rites funéraires. Le mot « mort » lui-même tend à être remplacé par « décès », « disparition »...
L’espérance des anciens était fondée sur la croyance d’une vie après la mort ; celle des modernes est de plus en plus centrée sur l’expérience d’une longue vie. Les progrès de la science et de la médecine alimentent le mythe moderne de la suppression de la mort naturelle. Seule la mort accidentelle subsisterait. Le mythe de l’amortalité remplacerait celui de l’immortalité*. Dans cette perspective « le mourant devient une victime de la mort et non plus le sujet d’une condition mortelle et commune, dont toutes les sociétés humaines mettaient en scène le partage »**. Cette évolution représente l’aboutissement du mouvement d’individualisation de la mort que Philippe Ariès avait décrit comme le passage de la « mort événement collectif » à « la mort de soi » et à la « mort interdite » d’aujourd’hui . Pour que l’homme postmoderne se réconcilie avec sa propre finitude , il est indispensable qu’il fasse sortir la mort du ghetto dans lequel la modernité l’a enfermée pour la réintroduire dans la vie. « La mort ne se contente pas de limiter notre vie, de lui donner forme à l’heure du trépas ; au contraire, elle est pour notre vie un facteur de forme, qui donne coloration à tous ses contenus. » ***
* Edgar Morin ** Robert William Higgins *** Georg Simmel La Tragédie de la culture

Les intervenants :

  • Patrick Baudry, Professeur de sociologie à l’Université Michel de Montaigne-Bordeaux 3
  • Robert William Higgins, Psychanalyste, enseigne en faculté de médecine et anime des groupes d’analyse clinique des pratiques professionnelles en soins palliatifs
  • Damien Le Guay, Philosophe, critique littéraire au Figaro Magazine

La cité des hommes : « La France traverse-t-elle une crise d’identité ? »
14 octobre 2006

Le monde occidental semble touché par un sentiment d’angoisse, d’insécurité et de vulnérabilité des opinions déclenché par des facteurs aussi divers que les attentats terroristes, les théories des déclinologues, la nouvelle donne d’une économie mondiale ouverte marquée par l’ascension des pays du Sud...

Dans ce cadre, la France paraît se caractériser par une perte de confiance en elle et un emballement des peurs individuelles et collectives. La classe politique française, en désignant de façon récurrente la mondialisation et l’Europe comme des limites à son pouvoir d’action, a contribué à la diffusion d’un sentiment de peur généralisée qui remet en cause la notion de risque, l’ouverture économique, l’existence de l’autre, le progrès, l’avenir et même la liberté. Les Français s’interrogent sur la pertinence de leurs institutions et sur la représentativité des partis politiques. Réticente au changement, la France semble préférer vivre dans le passé au lieu de se projeter dans l’avenir. L’absence de dessein collectif favorise l’essor d’un individualisme craintif fondé sur la défense des acquis.

Mais ce « passé-refuge » ne va pas sans poser de problèmes. Le modèle social français qui a su fabriquer une machine intégratrice efficace, enraciner une laïcité vertueuse, instaurer une méritocratie républicaine facilitant l’ascension sociale, connaît de réelles difficultés. L’intégration hoquette, la laïcité s’essouffle, l’ascension sociale se bloque.

En outre, ce modèle, fondé sur l’idéal de la nation, est confronté à une diversité culturelle croissante engendrée par la mondialisation et l’accroissement corrélatif des flux migratoires. Globalisation et intégration peuvent, dès lors, être vécues comme des menaces sur l’identité culturelle individuelle et collective, comme le prouvent les récentes demandes de prise en compte de mémoires spécifiques.

Face à ce qui semble être une remise en cause du système de références, la réponse n’est pas seulement économique et sociale, mais avant tout politique et morale. Si une redéfinition de l’identité et du modèle français semble nécessaire, il est indispensable de ne pas sous-estimer les capacités d’adaptation et de rebond de la France qui est loin de connaître aujourd’hui son premier profond questionnement au sujet de son identité.

Les intervenants :

  • Jacques Julliard, Directeur délégué de la rédaction et chroniqueur au Nouvel Observateur, Chroniqueur à LCI
  • Bruno Palier, Chargé de recherches du CNRS au CEVIPOF
  • Alain-Gérard Slama, Professeur d’histoire des idées politiques à l’IEP de Paris, Membre du Comité Editorial du Figaro, Chroniqueur au Figaro Magazine et à France Culture

Quelle philosophie pour notre temps ? : « L’actualité des sagesses antiques »
21 octobre 2006

Notre époque semble connaître un véritable engouement pour les écoles de pensée de la Grèce antique. Les Pensées pour moi-même de Marc Aurèle, les Lettres de Sénèque et le Manuel d’Epictète sont devenus de véritables best-sellers. Au début de la superproduction hollywoodienne Gladiator un acteur cite presque mot pour mot l’une des principales maximes stoïciennes : « il y a des choses qui dépendent de nous et d’autres qui ne dépendent pas de nous ».

Le fait que les principales sagesses antiques - l’épicurisme, le stoïcisme, le scepticisme et le cynisme - soient avant tout des modes de vie explique en grande partie cet engouement. Pour les philosophes de l’Antiquité être « l’ami de la sagesse » ne consiste pas à bâtir de savants édifices théoriques visant à spéculer sur la finalité de la philosophie, mais à chercher des réponses pratiques aux questions de la vie quotidienne. Ces formes de sagesse nous touchent parce qu’elles sont directement utiles et nous renvoient au plus intime de notre vie et aux choix fondamentaux que nous devons faire pour exister.

Bien sûr, le monde des Anciens n’est pas le nôtre. Mais les questions qu’ils se posaient n’ont guère changé. Comment mieux vivre ? Comment trouver le bonheur ? Comment apprivoiser la peur de la mort ? Epicure et Lucrèce, Sénèque et Marc Aurèle, Pyrrhon et Diogène proposent des réponses concrètes qui composent un véritable art de vivre. Telle est la spécificité qui distingue ces écoles de vie des autres écoles de pensée.

Les sagesses antiques peuvent, dès lors, être appréhendées comme de véritables philosophies alternatives aux dogmes religieux et aux idéologies déclinantes. L’homme contemporain est seul face à la question du sens. Comment peut-il en donner à sa vie ? « Eventuellement en demandant à des sagesses préchrétiennes les moyens d’élaborer des morales postchrétiennes »,* car ces sagesses sont aussi des spiritualités laïques susceptibles d’expliquer le monde.

Les sagesses antiques peuvent nous aider à mieux vivre car elles forcent chacun d’entre nous à inventer son propre chemin. Leur principal héritage n’est-il pas la redécouverte de l’humain, avec la force de sa pensée et la précarité de sa condition, bien loin des idoles et des faux besoins de nos sociétés contemporaines ?

* Michel Onfray

Les intervenants :

  • Catherine Golliau, Journaliste, Rédactrice en chef des Hors-Série du Point
  • Jean-François Mattéi, Professeur de philosophie à l’Université de Nice Sophia-Antipolis et à l’IEP d’Aix-en-Provence
  • Jean-François Pradeau, Professeur de philosophie à l’Université de Paris X - Nanterre, Membre de l’Institut Universitaire de France

Rencontres sur les origines « Science et quête de sens »
28 octobre 2006

Quelle est la place de l’homme dans l’histoire de l’univers et de la vie ? Pourquoi quelque chose plutôt que rien ? Quelle est la signification de l’homme ? Autant d’interrogations fondamentales qui préoccupent chacun d’entre nous. La science s’efforce de répondre à la question du comment. Elle découvre les lois qui régissent l’univers. Elle reconstitue peu à peu sa naissance et son histoire ainsi que l’émergence et l’histoire de la vie et celle de l’homme. Elle permet de reconstituer l’enchaînement des événements qui ont conduit du Big-Bang à l’ensemble des êtres vivants peuplant aujourd’hui la planète. Mais la science ne peut que lire le déroulement de cette formidable aventure qui va toujours vers plus de complexité. Elle ne répond pas à la question du pourquoi.

Cette longue évolution est-elle due au seul hasard ou obéit-elle à un programme ? Ce n’est pas au scientifique de répondre à cette question, mais au philosophe, au métaphysicien ou au théologien. Pourtant, le scientifique ne peut s’abstenir de réfléchir sur ces questions fondamentales.

Les hommes sont-ils le produit, accidentel et dépourvu de sens, de l’évolution ou bien chacun d’entre nous est-il une résultante d’une raison créatrice au début de tout et principe de tout ?

Les premières pages de la Genèse ne sont sans doute pas des pages de science mais leur langage symbolique n’est-il pas une tentative d’expliquer ce qui est ? Deux astrophysiciens, un astronome, un biologiste, un préhistorien et un théologien se proposent d’instaurer un dialogue entre science et théologie, loin des polémiques néfastes qui voudraient nier l’une ou l’autre de ces approches.

Professeur Henry de Lumley

Les intervenants :

  • Eric Bois, Astronome à l’Observatoire de la Côte d’Azur
  • Pierre Karli, Biologiste, Membre de l’Académie des Sciences
  • Jean Kovalevsky, Astrophysicien, Membre de l’Académie des Sciences
  • Père Gérard Lafond, Théologien
  • Pierre Léna, Astrophysicien, Membre de l’Académie des Sciences
  • Henry de Lumley, Préhistorien, Membre correspondant de l’Académie des Sciences



Dans la même rubrique, lire aussi :

2001 - Les Colloques de Menton

"Aux livres citoyen" La Méditerranée et l’Europe "Rencontre sur les origines " : Origines de l’Homme, des Mythes au savoir scientifique "Science et Conscience" (...)

2002 - Les Colloques de Menton

"Science et Conscience" : "La philosophie face aux défis de la techno-science" "Aux livres citoyen" : La République au XXIe siècle "Rencontre sur les (...)

2003 - Les Colloques de Menton

"Science et Conscience" : Le principe de précaution : du bon sens à la déraison ? "La cité des hommes " : Nouvel ordre ou nouveau désordre mondial ? "Quelle (...)

2004 - Les Colloques de Menton

Science et conscience : "Le Temps" La Cité des Hommes : "Le monde musulman dialogue des cultures ou guerres des religions" Quelle philosophie pour notre (...)

2005 - Les Colloques de Menton

Science et conscience - "Albert Einstein : l’homme, l’oeuvre, le mythe" La cité des hommes - "Après le 29 mai 2005 : quelle France, quelle Europe ? " Quelle (...)

2007 - Les Colloques de Menton

Science et conscience : Le changement climatique menace-t-il la planète ? La cité des hommes : De la présidentialisation de la Vème République Quelle (...)

2008 - Les Colloques de Menton

Science et conscience : "Les OGM : entre la peur et l’espoir" La cité des hommes : La Chine et nous Quelle philosophie pour notre temps ? : "Que nous disent (...)

2009 - Les Colloques de Menton

L’homme est-il l’aboutissement de l’évolution ? La bioéthique : enjeux et perspectives Quel monde après la crise ? Colloques Le bonheur ou la quête de soi (...)

2010 - Les Colloques de Menton

Rencontres sur les Origines : « Origines de l’homme selon les grandes religions » Science et Conscience : « Souriez, vous êtes surveillés ! » La Cité des Hommes (...)

2011 - Les Colloques de Menton

L’univers : d’où vient-il ? Où va-t-il ? Faut-il avoir peur du nucléaire ? Quel avenir pour le printemps arabe ? Le courage aujourd’hui Compte rendu des (...)

2012 - Les Colloques de Menton

Compte rendu des Colloques de Menton - 2012 Samedi 6 octobre 2012 : « Rencontre sur les origines » « L’émergence du sens de la Beauté » La nature est-elle (...)

2014 - Les Colloques de Menton

Programme des Colloques 2014Samedi 4 octobre – Rencontres sur les Origines Émergence du sens de la transcendance – sur le chemin du sacré Père Richard BEAUD, (...)


AGENDA MENTON

Voir l'agenda

SUIVEZ NOUS








© VILLE DE MENTON 2016 - MENTIONS LEGALES
17 rue de la République - 06500 Menton - Tél : 04.92.10.50.00 - mairie@ville-menton.fr