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2007 - Les Colloques de Menton

  • Science et conscience : Le changement climatique menace-t-il la planète ?
  • La cité des hommes : De la présidentialisation de la Vème République
  • Quelle philosophie pour notre temps ? "Mais que sont les humanistes devenus ?"
  • Rencontre sur les origines : "Les données scientifiques sont-elles compatibles avec les textes sacrés ?"
  • La cité des hommes : « L’ Union Méditerranéenne » et ses enjeux
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Compte rendu des Colloques de Menton - 2007

Science et conscience : Le changement climatique menace-t-il la planète ?
6 octobre 2007

L’idée d’un réchauffement de la température terrestre, en partie dû à l’activité humaine, n’est pas récente. Dès le XIXème siècle, des scientifiques mettent en parallèle les oscillations de la température de la terre à l’échelle géologique et le rôle joué par certains gaz et notamment le dioxyde de carbone.

De nos jours, l’étude des variations climatiques a connu des progrès décisifs grâce à la modélisation et aux recherches sur les paléoclimats. Ainsi, il semble établi que depuis 1970 la température moyenne du globe a augmenté de 0,55°C. Pour le GIEC *, qui vient de rendre son quatrième rapport, la responsabilité de l’activité humaine est définitivement engagée et les prévisions concernant le réchauffement oscillent de 2 à 4°C supplémentaires d’ici 2100. Sachant que ces chiffres correspondent à une moyenne mondiale et que les pays les plus éloignés de l’équateur ressentiront de façon plus importante les effets du réchauffement, on peut s’attendre à voir les températures augmenter de 5°C environ en Europe et de près de 10°C aux niveaux des Pôles. De plus, un accroissement de la fréquence de phénomènes extrêmes tels que les tempêtes, les inondations, les canicules... viendra probablement aggraver les effets du réchauffement.

Malgré le large consensus avec lequel la communauté scientifique mondiale semble avoir accueilli ce scénario, deux points soulèvent de nombreuses controverses : les facteurs du réchauffement et son ampleur. Bien qu’il soit aujourd’hui indéniable que l’homme est un acteur à part entière du changement climatique, il reste difficile de faire la part des causes naturelles et des causes anthropiques du réchauffement. Quant à la prévision de son ampleur, aux incertitudes scientifiques proprement dites viennent s’ajouter les variables humaines. Comment évoluera la population mondiale ? Quels choix seront faits en matière de croissance économique, de développement et de politique énergétique ? Qu’allons-nous faire vis-à-vis du risque climatique ? Face à la gravité des dommages potentiels et surtout à leur irréversibilité, doit-on mettre en place des politiques drastiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre ? Compte tenu du coût de ces politiques, de leurs conséquences économiques et sociales et des incertitudes sur la réalité des risques, doit-on au contraire repousser l’action dans le temps ?

* (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat)

Les intervenants :

  • Frédéric Durand, Géographe, Maître de conférences à l’Université de Toulouse II-Le Mirail
  • Marc Gillet, Directeur de l’Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique
  • Stéphane Hallegatte, Chercheur en économie de l’environnement et en climatologie à l’Ecole Nationale de la Météorologie et au Centre International de Recherche sur l’Environnement et le Développement

La cité des hommes : De la présidentialisation de la Vème République
13 octobre 2007

L’incidence de la réforme du quinquennat sur l’équilibre institutionnel de notre régime politique a-t-elle été sous-estimée ? Avec quelques années de recul, il semble légitime de se demander si la réduction du mandat présidentiel à cinq ans, la superposition des scrutins présidentiel et législatif qui s’en est suivie et surtout l’inversion du calendrier électoral, qui a placé l’élection présidentielle avant les élections législatives n’ont pas renforcé le rôle déjà prépondérant de l’élection du Chef de l’Etat dans la vie politique française. Sommes-nous, dès lors, face à une accentuation naturelle de la fonction présidentielle qui viendrait confirmer, voire accomplir, la spécificité constitutionnelle de la Vème République ou assistons-nous à un excès de présidentialisation qui viendrait révéler les contradictions et les limites de notre régime ? Née d’un contexte historique particulier, la constitution de la Vème République assure la prééminence du Chef de l’Etat notamment par son élection au suffrage universel direct. Vivement critiquée lors de son élaboration, considérée comme étant peu démocratique, étroitement liée à la personnalité de son père fondateur, elle lui a survécu et a permis à ses successeurs d’y trouver un cadre propice à l’exercice de leurs fonctions. Ce fut également le cas de François Mitterrand qui avait pourtant dénoncé le « Coup d’Etat permanent ».

Ainsi, depuis 1958, la prédominance présidentielle semble être la norme, hors périodes de cohabitation. Cependant, nous assistons aujourd’hui à une autre évolution qui a trait à la pratique du Chef de l’Etat. Il s’agit d’une présidentialisation affichée de l’exécutif qui entraîne moins un accroissement du pouvoir constitutionnel du Président de la République qu’une augmentation de sa responsabilité politique vis-à-vis des Français.

Face à ces multiples évolutions, la constitution du 4 octobre 1958, plusieurs fois amendée, semble être en décalage avec le fonctionnement réel de nos institutions. Se pose alors la question de la réforme constitutionnelle qui a été soulevée au plus haut niveau, le Président de la République ayant souhaité la réunion d’un comité « de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République » qui doit rendre ses conclusions avant la fin de l’année.

Les intervenants :

  • Claude Askolovitch, Journaliste politique au Nouvel Observateur
  • Guy Carcassonne, Professeur de droit public à l’Université de Paris X-Nanterre, chroniqueur au Point, membre du Comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République
  • Alain-Gérard Slama, Professeur d’histoire des idées politiques à l’IEP de Paris, membre du Comité Editorial du Figaro, chroniqueur au Figaro Magazine et à France Culture.

Quelle philosophie pour notre temps ? "Mais que sont les humanistes devenus ?"

L’humanisme est né en Italie au XIVème siècle pour gagner ensuite toute l’Europe. Plongeant ses racines dans la redécouverte de la philosophie antique et des textes des Grands Anciens, la pensée humaniste met au premier plan le développement de l’être humain. Au niveau individuel, cet épanouissement nécessite une éducation à la fois physique, intellectuelle et morale. Au niveau social, il requiert une civilisation dont la culture viendrait soutenir cette démarche propre à chaque individu.

Au fil des siècles, les principes de l’humanisme classique vont se transformer en une véritable posture philosophique faisant de la perfectibilité de l’homme et du progrès de l’humanité des postulats.

L’humanisme connaîtra une extraordinaire postérité. Une forme d’humanisme nourrit l’esprit des Lumières au XVIIIème. Au XIXème , le courant positiviste se propose, avec Auguste Comte, de substituer une « religion de l’Homme » à la « religion de Dieu ». Quant au XXème, on peut évoquer l’humanisme marxiste, l’humanisme existentialiste, l’humanisme de « l’Autre » d’Emmanuel Levinas... Si la richesse de l’héritage humaniste est indiscutable, il est aisé d’imaginer qu’une si large imprégnation ne peut se faire qu’au prix d’une dilution, voire parfois d’une distorsion du concept initial.

Au questionnement sur le sens proprement dit, le XXème siècle viendra ajouter une remise en cause bien plus fondamentale. A la fin des années 40, Heidegger, dans sa fameuse « Lettre sur l’humanisme », critique l’humanisme classique car il s’est révélé inapte à faire face à la barbarie et peut-être même en a-t-il porté en lui les germes en faisant de l’homme « la mesure de toute chose ».

Cependant, la crise de l’humanisme, dont la Grande Guerre fut l’un des premiers et plus criants révélateurs, est une crise profonde dont les symptômes sont sensibles dès le XIXème siècle. D’après Nietzsche, la pensée humaniste n’est que l’universalisation d’un point de vue particulier, celui des faibles, de ceux qui n’arrivant pas à s’affirmer en tant qu’individus construisent une philosophie de l’homme en général. Sachant que les sociétés post-modernes semblent caractérisées par un nietzschéisme diffus se traduisant, bien souvent, par des postures proches d’un individualisme radical, comment ne pas s’interroger sur l’avenir de l’humanisme à l’aube du XXIème siècle ?

Les intervenants :

  • Ali Benmakhlouf, Professeur de philosophie à l’Université de Nice Sophia-Antipolis et à Sciences Po Paris (1er cycle Moyen Orient-Méditerranée - Campus de Menton)
  • Michel Maffesoli, Sociologue, Professeur à la Sorbonne, directeur du Centre d’Etudes sur l’Actuel et le Quotidien (Paris V)
  • Pierre Magnard, Professeur émérite de philosophie à l’Université de Paris-Sorbonne
  • Jean-François Mattéi, Professeur émérite de philosophie à l’Université de Nice Sophia-Antipolis et à l’IEP d’Aix-en-Provence

Rencontre sur les origines : "Les données scientifiques sont-elles compatibles avec les textes sacrés ?"
27 octobre 2007

Les scientifiques s’attachent à mettre en évidence les phénomènes physico-chimiques, géologiques, biologiques et culturels permettant de retracer l’évolution de la matière, d’abord inerte, puis animée et enfin douée de conscience. Ils expliquent le « comment » de ces phénomènes en identifiant et en datant leurs premières manifestations.

Ils ont ainsi situé la naissance de l’univers vers 13,7 milliards d’années, l’origine de la vie vers 2,8 milliards d’années et l’émergence de l’homme, fabricant d’outils manufacturés, vers 2,55 millions d’années.

Toute l’histoire de l’univers, de la vie et de l’homme apparaît comme un processus continu allant toujours vers plus d’organisation, vers plus de complexité. Les données scientifiques permettent de connaître le déroulement de cette formidable aventure mais ne répondent pas à la question du « pourquoi ».

Cette longue évolution est-elle due au seul hasard ou obéit-elle à un programme ? Les hommes sont-ils le produit, accidentel et dépourvu de sens, de l’évolution ou bien chacun d’entre nous est-il une résultante d’une raison créatrice au début de tout et principe de tout ?

Les théologiens peuvent-ils nous apporter les réponses que les scientifiques ne peuvent pas nous donner ? Les résultats des recherches conduites par des milliers de chercheurs dans divers pays du monde sont-ils compatibles avec les enseignements des textes sacrés ?

Professeur Henry de Lumley

Les intervenants :

  • Père Jacques Arnould, Ingénieur agronome, docteur en histoire des sciences et docteur en théologie
  • Claude Combes, Biologiste, Professeur à l’Université de Perpignan
  • Henry de Lumley, Directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine
  • Sylvie Vauclair, astrophysicienne, Membre de Observatoire de Midi Pyrénées, Professeur à l’Université Paul Sabatier-Toulouse III

La cité des hommes « L’ Union Méditerranéenne » et ses enjeux
3 novembre 2007

Le besoin d’équilibrer les effets les plus globaux de la mondialisation semble susciter une réorganisation de la planète en sous-ensembles régionaux. Depuis quelques décennies, en effet, on constate la multiplication de zones de libre-échange telles que le Mercosur ou l’Alena dans les Amériques. Essentiellement économiques lors de leur création, elles tendent à devenir, par la suite, de véritables espaces intégrés permettant de multiples régulations. On assiste, ainsi, à la naissance des « quartiers d’orange » Nord-Sud baptisés et définis par Jean-Louis Guigou comme des blocs longitudinaux réunissant des pays complémentaires aux niveaux de développement différents. Dans cette nouvelle perspective, l’Europe et l’Afrique font partie d’une même « longitude solidaire » dont le bassin méditerranéen est l’articulation majeure.
Espace matriciel où les trois monothéismes trouvent leur source, s’affrontent et se fécondent, la Méditerranée est un carrefour propice au dialogue entre les civilisations occidentale et orientale. Elle est également un espace de confrontation où les conflits s’expliquent moins par l’irréductibilité des différences que par le désir exacerbé de convergence et de ressemblance tel que René Girard l’a développé dans sa thèse sur la « rivalité mimétique ».Le projet d’« Union Méditerranéenne », présenté récemment par le Président de la République, s’inscrit dans une longue suite de tentatives d’organisation de l’espace méditerranéen qui ont connu des fortunes diverses et dont la dernière d’entre-elles, le processus de Barcelone, est dans l’impasse. Deux lignes de force se dégagent de ce nouveau projet. D’une part, le pouvoir mobilisateur du mythe antique qu’il a intériorisé et, d’autre part, l’urgence de sa concrétisation, qu’il s’agisse, pour cet espace destiné à connaître une croissance démographique importante, de développement économique, de politique énergétique, de protection de l’environnement, de gestion de l’eau, de sécurité ou de maîtrise des flux migratoires...
Cette dynamique portée par la réalité des besoins est, cependant, confrontée à de multiples résistances telles que le cloisonnement des pays de la rive sud ; la concentration, dans cette région, de conflits dont certains à portée mondiale comme le conflit israëlo-palestinien ou la guerre en Irak ; l’accueil mitigé que l’Union Européenne a réservé à ce projet dont elle semble craindre qu’il ne se concrétise au détriment de la politique européenne de voisinage...
Dans ce contexte, la mise en place d’outils ou de procédures permettant à la force des besoins de surmonter l’ampleur des blocages semble constituer l’un des principaux enjeux pour l’avenir de notre région et des deux continents qu’elle réunit.

Les intervenants :

  • Thierry Fabre, Directeur du pôle Euromed à la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, rédacteur en chef de la revue La pensée de midi
  • Jean-Louis Guigou, Délégué Général de l’Institut de Prospective Economique du Monde Méditerranéen
  • Slimane Zeghidour, Journaliste, Rédacteur en Chef à TV5



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