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2008 - Les Colloques de Menton

  • Science et conscience : "Les OGM : entre la peur et l’espoir"
  • La cité des hommes : La Chine et nous
  • Quelle philosophie pour notre temps ? : "Que nous disent les gens du Sud ?"
  • Rencontres sur les origines : "L’adaptation de l’homme aux changements climatiques"
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Compte rendu des Colloques de Menton - 2008

Science et conscience : "Les OGM : entre la peur et l’espoir"

Le projet de loi adopté par l’Assemblée Nationale en mai 2008 a ravivé en France la polémique concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM). Premier pays d’Europe à avoir cultivé des OGM dès 1998, la France est aussi un des seuls pays où le débat est aussi vif et où sont commises des actions illégales de fauchage de plantations.

Un OGM est un organisme vivant - animal, végétal ou bactérie - dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique, soit pour accentuer certaines de ses caractéristiques ou lui en donner de nouvelles considérées comme désirables, soit au contraire pour atténuer, voire éliminer certaines caractéristiques considérées comme indésirables. Ce processus s’inspire des techniques de sélection ou de mutation, qui existent depuis des siècles dans le monde agricole. L’intervention de l’homme consiste en général à ajouter une petite portion d’ADN d’un organisme dans l’ADN d’un autre organisme. L’aspect révolutionnaire des nouvelles techniques de « génie génétique », ainsi que les potentialités qu’elles permettent d’envisager, suscitent aujourd’hui une réflexion éthique. La crainte liée aux OGM concerne la maîtrise toujours plus grande de la nature par l’Homme. A-t-il le droit de modifier le vivant ? Car si la modification génétique de l’animal est techniquement réalisable, celle de l’Homme le devient aussi...

Utilisés dans les domaines de la santé, de la production agricole ou encore de l’industrie, les OGM sont synonymes de progrès mais aussi de risque. En médecine, ils permettent de réelles avancées avec la production de substances comme l’insuline ou l’hormone de croissance. L’espoir suscité pour lutter contre la faim est grand, notamment grâce à la production d’alicaments comme le riz doré. Mais les risques évoqués concernent plusieurs domaines. Pour la santé humaine, l’ingestion d’un aliment dont le patrimoine génétique a été manipulé est-elle dangereuse ? Pour l’environnement, le risque de dissémination aux autres cultures ainsi que la possibilité de développer des gènes de résistance (antibiotique) sont avancés. Enfin, la dépendance des fermiers par rapport aux semenciers et l’absence des rendements annoncés sont souvent mis en lumière par les opposants aux OGM.

Bien que des organisations scientifiques internationales s’accordent sur le fait que les OGM commercialisés ne sont pas dangereux pour la santé humaine, les partisans du mouvement anti-OGM estiment que les précautions prises sont insuffisantes. Les OGM représentent-ils une menace pour la santé et l’environnement ou annoncent-ils une nouvelle révolution verte ?

Intervenants :

  • Louis-Marie Houdebine : Biologiste, Directeur de recherche à l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), Membre de la Commission du Génie Génétique
  • Philippe Joudrier : Président du comité d’experts spécialisé biotechnologie de l’AFSSA (Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments)
  • Gilles Lemaire : Secrétaire national des Verts (2003-2005), Membre du Conseil d’Administration d’ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens)

La cité des hommes : La Chine et nous

"Quand la Chine s’éveillera ... le monde tremblera" cette affirmation prophétique attribuée à Napoléon est plus que jamais d’actualité. Les Jeux Olympiques de l’été 2008, que la République populaire de Chine a souhaité grandioses, ont montré la puissance du pays le plus peuplé du monde. Mais ils ont aussi souligné des différences de perception entre la pensée chinoise et la pensée occidentale européenne.

Héritière de plus de quatre mille ans d’histoire, superpuissance économique du XXIème siècle, locomotive de la croissance mondiale, la Chine fascine l’Occident par sa transformation. Mais depuis les protestations au Tibet et les vicissitudes de la flamme olympique cet été, le régime autoritaire chinois apparaît désormais comme un pays menaçant aux yeux des Européens.

Les critiques françaises quant à la situation des droits de l’Homme ont provoqué en Chine l’explosion d’un sentiment nationaliste. Si la société civile chinoise a acquis une autonomie croissante dans le domaine de la sphère privée, la vie politique reste le domaine exclusif du Parti communiste qui ne tolère aucune expression de dissidence ou de contestation. Beaucoup reste à faire pour parvenir à un Etat de droit, notamment dans les domaines de la liberté d’expression (contrôle de la presse et d’Internet) et de conscience. Et la Chine continue de recourir fréquemment à la peine de mort, y compris pour des crimes non violents.

Le modèle d’un pays qui pratique l’ultra-libéralisme à l’abri de la contrainte marxiste-léniniste suscite quant à lui interrogations et inquiétudes. L’Occident, qui oscille entre crainte et fascination, peut-il comprendre la Chine ? Le principal clivage entre la Chine et l’Europe concerne la façon d’appréhender le monde. Et si les succès de la Chine relevaient de sa capacité à faire cohabiter deux traditions, à utiliser les ressources occidentales tout en fertilisant celles qu’elle a tissées au cours des millénaires ? Si l’écart entre la pensée chinoise et la pensée européenne est réel, l’enjeu est dans un premier temps de faire apparaître leurs ressources respectives et de les faire au moins dialoguer.

Intervenants :

  • Marie Holzman : Sinologue, Professeur à l’Université Paris VII, Présidente de l’Association Solidarité Chine
  • François Jullien : Philosophe, Sinologue, Directeur de l’Institut de la Pensée Contemporaine
  • Thierry Pairault : Economiste, Directeur de recherche au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), Professeur à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
  • Pierre Picquart : Docteur en géopolitique de l’Université Paris VIII, Directeur du CEDRIC (Centre d’Etudes et de Communication sur la Chine)

Quelle philosophie pour notre temps ? : "Que nous disent les gens du Sud ?"
18 octobre 2008

Le monde est aujourd’hui devenu un « village global », au sein duquel s’accélèrent les échanges culturels, politiques et économiques. Ce processus historique, appelé mondialisation, consiste en l’interdépendance croissante des économies et contribue à l’expansion des interactions humaines. Un des effets pervers de cette évolution est indéniablement la dissolution des cultures et des comportements humains vers une banalisation croissante. La mondialisation semble s’attaquer aux identités culturelles, mais en retour cette crainte d’effacement s’accompagne d’un besoin d’affirmation identitaire et culturelle.

Or, quelle que soit l’aire de civilisation (américaine, européenne, asiatique...), un clivage apparaît pertinent : le clivage Nord / Sud. Un territoire géographique et culturel se compose toujours d’un Sud. Mais qu’est-ce que le Sud ? Et surtout existe-t-il une pensée et une culture caractéristiques du Sud ? Pouvons-nous alors parler de « pensée du Sud », ou encore de « pensée de midi », cette image née sous la plume d’Albert Camus qui évoque le sens de la mesure ? Quels sont les spécificités propres aux gens du Sud ? Peuvent-ils se définir par leur comportement, leurs valeurs, leur relation aux autres, ou encore par un savoir-vivre et un rythme particuliers ?

Bien souvent, chacun a sa propre vision du Sud, selon son parcours et son histoire. Le Sud peut-il être considéré comme une réalité objective, ou revêt-il une démarche rêvée ? Lieu d’expression, lieu imaginaire et pourtant bien réel, lieu qui ne se confond pas à un territoire, le Sud est d’abord un point de vue sur le monde. Il semble d’ailleurs possible de se sentir « du Sud » tout en étant originaire d’ailleurs...

La pensée du Sud, ou comment redonner au Sud son statut de sujet de la pensée mais aussi d’acteur de sa propre histoire. Peut-on délimiter, penser le Sud ? Qu’est-ce que les « gens du Sud » ont à nous apprendre, à nous transmettre, et à nous faire partager ?

Intervenants :

  • Michel Maffesoli : Sociologue, Professeur à la Sorbonne, Directeur du Centre d’Etudes sur l’Actuel et le Quotidien (Paris V)
  • Jean-François Mattéi : Philosophe, Professeur émérite de l’Université de Nice Sophia-Antipolis, Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence
  • Rudy Ricciotti : Architecte, Lauréat du Grand Prix national d’Architecture en 2006

Rencontres sur les origines : "L’adaptation de l’homme aux changements climatiques"
25 octobre 2008

Comment comprendre les changements climatiques, ses causes et ses effets sur l’évolution de la biodiversité et sur la vie des hommes ? Ce colloque a pour but d’expliquer quelles sont les principales causes des variations du climat et de suivre son évolution, au cours des temps quaternaires, depuis plus d’un million d’années, et d’étudier l’adaptation toujours renouvelée de l’Homme aux changements climatiques.

Ce sont essentiellement les phénomènes astronomiques liés aux lois de la gravitation, mais aussi l’insolation, qui régissent les grandes variations cycliques du climat de la planète Terre.

Les recherches des préhistoriens et des paléontologues sur les sites du littoral méditerranéen, dont l’âge est compris entre un peu plus d’un million d’années et les périodes actuelles, montrent que les climats évoluent au rythme des millénaires. Sédimentologues, palynologues, paléontologues, géochimistes des isotopes stables de l’oxygène, renseignent sur les variations du climat avec des alternances de périodes froides et de périodes de réchauffement, de périodes humides ou des périodes d’assèchement plus ou moins importantes. L’étude du comportement et du mode de vie des hommes préhistoriques montre que les groupes humains ont toujours su s’adapter aux changements des climats, quelle qu’en soit leur ampleur.

Pour les périodes historiques, grâce notamment aux archives communales, aux récits, aux ex-voto ou encore aux dates de récolte, nous possédons une description plus détaillée des phénomènes climatiques depuis un millier d’années, à l’échelle d’une décennie parfois, et leurs répercussions sur le cours de l’histoire, de l’économie ou des pratiques religieuses.

Pour connaître quel sera l’évolution du climat dans les années futures, il est souhaitable de prendre en compte les variations climatiques des époques révolues. La Terre a un passé qui ne doit rien à l’Homme.

La connaissance de l’évolution des climats du passé apporte en effet des données pour appréhender les tendances climatiques des prochaines décennies, sans faire abstraction néanmoins de la responsabilité humaine dans les variations actuelles et futures du climat. Mais c’est plutôt, aujourd’hui, l’appauvrissement de la biodiversité qui est placé sous responsabilité de l’homme.

Professeur Henry de Lumley

Intervenants :

  • Jean Jouzel : Climatologue, glaciologue, Professeur à l’Université Joseph Fourier
  • Jacques Laskar : Membre de l’Académie des Sciences, Directeur de recherche, Astronomie et Systèmes Dynamiques, au CNRS
  • Jean-Louis Le Mouël : Physicien, Institut de physique du globe de Paris, Membre de l’Académie des Sciences
  • Henry de Lumley : Préhistorien, Membre correspondant de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine



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