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2009 - Les Colloques de Menton

  • L’homme est-il l’aboutissement de l’évolution ?
  • La bioéthique : enjeux et perspectives
  • Quel monde après la crise ?
  • Colloques Le bonheur ou la quête de soi
  • L’homme est-il l’aboutissement de l’évolution ?
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Compte rendu des Colloques de Menton - 2009

3 octobre 2009
Dans le cadre de l’année 2009, année Darwin

Si l’histoire de l’Univers a débuté il y a environ 13,7 milliards d’années avec le Big-Bang, ce n’est que vers 4,5 milliards d’années que le système solaire s’est formé au sein de la voie lactée. Vers 4 milliards d’années est né l’océan primitif, très chaud, dans lequel la vie fit son apparition en moins de 200 millions d’années. En effet, c’est vers 3,8 milliards d’années qu’apparaissent les premières cellules vivantes, les Procaryotes, capables de se reproduire en se séparant en deux ; puis, plus de 2 milliards d’années plus tard, les cellules à noyau, les Eucaryotes, chez lesquelles est possible la reproduction sexuée.

C’est alors qu’a débutée la fabuleuse évolution des êtres vivants : les premiers métazoaires vers 650 millions d’années, l’explosion et la diversification des invertébrés vers 600 millions d’années, les poissons vers 450 millions d’années, les amphibiens vers 350 millions d’années, les reptiles depuis 300 millions d’années, l’explosion des mammifères euthériens (vivipares) vers 65 millions d’années. Au sein des primates, l’un des ordres des mammifères, l’évolution s’accélère : les premiers hominidés, il y a 7 millions d’années, avec l’apparition de la bipédie ; l’Homo habilis, il y a 2,5 millions d’années avec l’émergence de la pensée conceptuelle et l’invention de l’outil ; l’Homo erectus, il y a 1,5 million d’années avec l’acquisition du sens de la symétrie et l’émergence du sens de l’harmonie ; puis vers 400 000 ans, la domestication du feu et l’apparition des identités culturelles ; les Néandertaliens et l’Homme moderne archaïque avec les premières sépultures et la naissance de l’angoisse métaphysique ; l’Homo sapiens, l’Homme moderne, il y a 35 000 ans avec les parures, l’art mobilier, l’art pariétal et l’explosion de la pensée symbolique. Il y a moins de 10 000 ans, les premiers peuples pasteurs et agriculteurs se sédentarisent. A la fin du 4ème millénaire avant J.-C. l’écriture va permettre de transmettre des messages. Aujourd’hui, c’est l’explosion de la technologie, le développement des communications entre les hommes, la mondialisation. L’évolution culturelle s’est emballée et a rattrapé l’évolution morphologique.

4,5 milliards d’années pour passer de l’océan primitif sans vie aux premières cellules vivantes puis à l’Homme, qui s’interroge sur sa place dans l’Histoire de l’Univers et de la Vie et qui est capable de reconstituer son histoire. L’Homme est-il l’aboutissement de l’évolution ? Est-il le fruit du hasard ou la réalisation d’un programme ?

Les intervenants

  • Jean-Claude Ameisen, Professeur de médecine à l’Université Paris 7 et à l’hôpital Bichat, immunologiste et chercheur en biologie, président du comité d’éthique de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), membre du Comité consultatif national d’éthique
  • Henry de Lumley, préhistorien, membre correspondant de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine
  • Marie-Christine Maurel, Professeur à l’Université de Paris VI
  • Michel Vervoort, Professeur à l’Université de Paris VII

La bioéthique : enjeux et perspectives
10 octobre 2009

Alors que la révision des lois de bioéthique est prévue pour 2010, chaque citoyen souhaite aujourd’hui mieux comprendre les enjeux des délicates questions éthiques induites par les progrès de la médecine et de la technologie. Les lois de bioéthique ont été votées en 1994 puis révisées en 2004. Leur but est d’encadrer le développement du progrès biomédical afin de protéger les droits fondamentaux de la personne.

Qu’est-ce que la bioéthique et quelles questions soulève-t-elle ? Bioéthique vient de « bio », qui veut dire « vivant », et d’« éthique », qui signifie « ce qui est bon et utile pour l’homme ». Cette discipline cherche à garantir le respect de la dignité humaine et sa protection. Elle soulève donc de nombreuses questions qui touchent à la procréation, au génie génétique, au début et à la fin de la vie...

Ainsi, l’assistance médicale à la procréation (AMP), rendue possible depuis la première naissance par fécondation in vitro en 1982, doit-elle être accessible aux célibataires, aux homosexuels et aux conjoints de personnes décédées ? Le désir d’enfant doit-il supplanter les droits de celui-ci à naître d’un père et d’une mère ? La loi devra également trancher sur le sujet des mères porteuses : faut-il autoriser la gestation pour autrui (GPA) pour les femmes infertiles ?

La recherche sur l’embryon pose quant à elle le problème de l’utilisation d’un « être humain potentiel » dans le but de soigner des malades. Doit-on donner un statut à l’embryon ? Doit-on autoriser plus largement les scientifiques à utiliser les embryons abandonnés par les couples ?

Comment encadrer le dépistage prénatal pour éviter les dérives eugénistes ? Le risque d’une dérive vers un « droit » à l’enfant en bonne santé est ici réel. Enfin, des tests génétiques sont proposés en libre accès sur Internet : jusqu’où chercher à savoir si l’on risque d’avoir certaines maladies ? Quel est l’avenir de la médecine prédictive ?

Tels sont les principaux enjeux du débat, alors que le gouvernement consulte actuellement différentes institutions (Conseil d’Etat, Comité consultatif national d’éthique) ainsi que les citoyens dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique. S’interroger sur le contenu des lois de bioéthique oblige à se prononcer sur une philosophie de la vie et une conception de la personne humaine. La démarche prométhéenne de l’homme après s’être attaquée à la nature peut s’appliquer aujourd’hui à l’homme lui-même. Les progrès de la médecine pourront-ils rester au service de l’Homme tel que nous le concevons aujourd’hui ?

Les intervenants

  • Philippe Bas, président du groupe de travail du Conseil d’Etat sur la révision des lois de bioéthique, ancien ministre de la Santé et des Solidarités
  • Xavier Lacroix, philosophe et théologien, doyen de la Faculté de théologie de Lyon, membre du Comité consultatif national d’éthique
  • Jean Leonetti, médecin-cardiologue, Président du comité de pilotage des Etats-généraux de la bioéthique, Maire d’Antibes
  • Jacques Testart, médecin biologiste, directeur de recherche honoraire à l’INSERM, père scientifique du premier bébé éprouvette français né en 1982

Quel monde après la crise ?
17 octobre 2009

A l’orée de 2007, après plus de cinq années de croissance, le monde a été frappé par la crise des subprimes, premier évènement d’une crise financière et économique dont on subit encore les effets en 2009. La chute des cours des marchés boursiers et le ralentissement généralisé de l’activité économique ont mis de nombreux Etats en difficulté, situation sans précédent depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Le capitalisme montre-t-il, avec cette crise, ses limites ? Peut-il vraiment être régulé ? Doit-il être « refondé », « moralisé » ? Une volonté existe : dès avril 2009, la réunion du G20 a montré l’émergence d’un possible nouveau directoire du monde. Les principaux dirigeants européens souhaitent un contrôle accru des marchés financiers. Aux États-Unis et en Europe, les autorités veulent par exemple réglementer, sans les remettre en cause, les pratiques de rémunérations variables des établissements financiers qu’elles ont secourus. Les Etats, avec l’aide du Fonds monétaire international, parviendront-ils à réguler l’économie de marché ?

Cette crise est-elle seulement conjoncturelle ? N’annonce-t-elle pas, plutôt, un changement d’ère, avec des évolutions radicales qui affecteront nos modes de production, de consommation et de vie ? Toute grande crise financière n’est-elle pas une crise culturelle, une crise de civilisation ? Les principaux problèmes ne se situent pas dans l’ordre de l’avoir, mais dans celui de l’être. Aux racines de la crise se trouve la démesure, ce que les Grecs appelaient l’ubris. Tout un système de croyance semble être changé par cette crise. Sommes-nous, pour reprendre le terme de l’économiste Karl Polanyi, dans « une grande transformation » ?

Les intervenants

  • Jean-Paul Betbeze, Professeur d’économie, Président de l’Observatoire des délais de paiement, directeur des études économiques de Crédit Agricole SA., membre du Cercle des économistes
  • Pascal Boniface, géopolitologue, Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS),
  • Bernard Guetta, journaliste, spécialiste de géopolitique internationale

Colloques Le bonheur ou la quête de soi
24 octobre 2009

« Le bonheur est une idée neuve en Europe » clamait Saint-Just en 1793. Aujourd’hui, chaque individu désire le bonheur. Mais comment le définir, et surtout comment l’atteindre ? Sociologues, psychologues, économistes, tous veulent savoir pourquoi certains hommes se sentent heureux et d’autres pas. Est-on plus ou moins doué pour le bonheur ? Suffit-il de décider de chercher le bonheur pour le trouver ?

Plénitude du corps ou de l’esprit, état permanent ou moment fugace, ascèse de la vertu ou grâce divine ? Le bonheur semble se caractériser par un état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, l’inquiétude et le trouble sont absents. L’acceptation de soi-même, parfois difficile, paraît nécessaire pour l’atteindre. Alors que la joie est la saveur inopinée d’un instant, le bonheur semble se trouver dans la durée, ou dans l’illusion de la continuité.

Le concept du bonheur comme objectif politique est apparu à la fin du XVIIIe siècle. Mais la volonté de calculer un « indice de bonheur national brut », idée émise pour la première fois par le roi du Bhoutan en 1972, est-elle bien réaliste ? Aujourd’hui, dans toutes les enquêtes mondiales de « satisfaction », les Occidentaux ne cessent de souligner leur malheur. La croissance économique et matérielle ne peut donc suffire à apporter le bonheur. Si l’abondance de biens ne rend pas heureux, l’énergie dépensée pour un but, la satisfaction de l’atteindre, semblent donner du bonheur. Le bonheur est-il dans le travail, le mouvement, ou bien dans la contemplation ? La recherche du bonheur devient un acte personnel, une volonté de se réaliser, indépendants d’un objectif politique collectif. La quête de soi correspondrait à un chemin qui débuterait à la naissance et se terminerait avec la fin de la vie, un long chemin jalonné de questions métaphysiques et d’interrogations spirituelles.

Si, pour les philosophes « optimistes » tels que Montaigne ou Spinoza, le bonheur comme « état durable de satisfaction » est possible, ou même facile à atteindre chez Épicure, selon les penseurs plus « pessimistes », il est difficile, voire impossible à trouver, comme l’ont écrit Pascal ou Schopenhauer. Chacun doit alors relever le défi de devenir pleinement responsable de son propre bonheur et de sa destinée à travers la quête de soi. Si le bonheur est un état de conscience rare, que les hommes ne cessent de rechercher, est-il vraiment le but ? Lao-Tseu affirmait à ce propos : « Il n’y a point de chemin vers le bonheur : le bonheur c’est le chemin ».

Les Intervenants

  • Pascal Bruckner : Romancier et essayiste
  • Robert Misrahi:Philosophe spécialiste de Spinoza, Professeur émérite de philosophie éthique à l’Université de Paris I (Sorbonne)
  • Jean Salem : Philosophe, Professeur à l’Université de Paris I (Sorbonne)



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