Ville de Menton

Juliette Klein « mon rêve de petit rat est devenu réalité »

« De mémoire, j’ai toujours voulu rentrer aux Ballets de Monte-Carlo pour danser le répertoire néo-classique de Jean-Christophe Maillot. »

Ce souhait, Juliette Klein le réalise depuis le 24 août. Elle est en effet la plus jeune danseuse des Ballets de Monte-Carlo.

Une belle victoire pour cette jeune Mentonnaise âgée de 19 ans qui a fait ses premiers entrechats au conservatoire de Menton.

Née en 2001 à Monaco, vous faites vos classes maternelles à l’école Robert- Debré puis vos classes élémentaires à l’école Anne-Frank. Vous avez six ans lorsque votre maman vous inscrit au conservatoire de Menton dans la classe de danse de Brigitte Van de Casteele…

Juliette Klein : Il s’agissait alors d’une activité extra-scolaire. Petit à petit, j’ai pris goût à la rigueur, à la difficulté, aux nombres d’heures passées à travailler pour exécuter correctement un exercice puis une variation.

J’avais peu de dispositions pour l’école et j’avais du mal à y trouver ma place. Mais au cours de danse c’était l’inverse !

Je ne sentais ni la fatigue ni les courbatures ni même la souffrance que je faisais endurer à mes pieds dans les pointes ! Lors de mon année de 6e au collège Guillaume-Vento, mon professeur m’a conseillé de passer une audition pour entrer à l’école de danse de Rosella Hightower.

Quitter votre professeur et le conservatoire, votre deuxième cocon, n’a pas été trop dur ?

J. K : En fait, j’étais à la fois triste et heureuse ! Brigitte Van de Casteele est et restera mon premier professeur.
Celui qui m’a donné le goût de l’effort et de la discipline. Celui qui m’a transmis sa passion et permis de prendre mon envol !

Pour tout ceci et pour son attention bienveillante, je la remercie du fond du cœur.

Chez Rosella Hightower, vous perfectionnez votre technique classique et vous vous initiez à la danse contemporaine dans la classe de Francesco Curci…

J. K : En effet, j’adore regarder les ballets classiques mais j’aime danser du néo-classique qui est un mélange de ces deux disciplines. J’ai beaucoup appris auprès de Francesco Curci et j’en garde un excellent souvenir. Ces deux années passées à Cannes m’ont permis de travailler sans relâche pour préparer l’audition d’entrée à l’académie princesse Grâce.

Lorsque j’ai eu 14 ans, j’avais enfin l’âge légal pour me présenter.

À l’annonce des résultats, j’étais folle de joie ! J’avançais doucement vers la concrétisation de mon rêve le plus cher : celui de rentrer aux Ballets de Monte-Carlo.

Parlez-nous de vos cinq années passées à l’académie où vous avez obtenu votre certificat d’aptitude de danseur professionnel en juin dernier…

J. K  : L’académie est dirigée par Luca Masala, un excellent pédagogue et directeur. Nous avions des cours de classique, de contemporain, de Pilates ainsi que des cours de musique, d’histoire de la danse...

En parallèle, j’ai obtenu mon Bac L en faisant mes études par correspondance. Tout au long de mon cursus, Jean-Christophe Maillot m’a vue grandir et évoluer. Au mois de janvier, il m’a convoquée pour m’annoncer que j’étais prise dans la compagnie. Après le confinement, j’ai donc eu la chance de reprendre les cours avec ses danseurs, de répéter La mégère apprivoisée et de les accompagner en Espagne au mois de juillet en tant que danseur invité.

Ce privilège m’a donné un avant-goût de ce que j’allais bientôt vivre et m’a permis de me familiariser avec les classes, les ateliers et les danseurs. Je sais que j’ai de la chance car je vis exactement ce pour quoi je me suis toujours battue.

Nous ne pouvons parler de votre parcours sans évoquer vos parents et les femmes du Soroptimist de Menton…

J. K  : Pour l’instant, je vis toujours à Menton chez mes parents. C’est une chance de les avoir près de moi car ils m’ont toujours soutenue. Je les entends encore me répéter « Quel que soit l’envol que tu choisiras, nous te suivrons ».

Les femmes du Soroptimist sont mes marraines, elles ont cru en moi et se sont lancées avec moi dans mon parcours mais également dans les combats menés au sein de ma famille. Combats dont mes parents, ma sœur et moi-même sommes ressortis plus forts et plus soudés que jamais.

Si je pense à l’avenir ? Honnêtement, j’ai tout donné pour vivre ce que je vis aujourd’hui alors pour le moment je goûte mon bonheur et l’instant présent. Et je m’enrichis chaque jour en travaillant et en assistant aux répétitions.

Entretien réalisé par Emmanuelle Carabin

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