Ville de Menton

26 mars 1962 : la Ville rend hommage aux victimes de la rue d’Isly à Alger

« Ne laissons pas des profanes écrire notre histoire car nous en sommes des témoins oculaires », martelait chaque année François Alarcon lors des cérémonies commémoratives des 26 mars et 5 juillet à la stèle du Bastion. Se souvenir pour ne pas oublier. Transmettre pour que demeure la vérité historique. Tel aura été l’objectif du président de la Maison du Pied-noir depuis son élection en 2006 jusqu’à sa disparition le 5 mars dernier. Son absence pesait en cette journée du souvenir.

Ce vendredi, la Ville a honoré la mémoire des victimes de la fusillade du 26 mars 1962 de la rue d’Isly à Alger et eu une pensée émue pour François Alarcon. La lecture du message du président de la Maison du Pied-noir est revenue à Jean-Claude Alarcon, l’un de ses fils, adjoint et secrétaire de l’association. « Ce jour-là, une foule française a été mitraillée par ses propres soldats sur ordre du sommet de l’État. 300 personnes ont été blessées ou tuées. Ce drame, ce crime d’État dont les instigateurs n’ont jamais été poursuivis, est un crime contre l’humanité. Aujourd’hui, nous ne pouvons que crier notre dégoût à ceux qui ont permis un tel carnage. Ce jour-là, nos gouvernements se sont déshonorés et ont perdu le droit de se considérer comme civilisés. Ils ont rejoint les monstres des pays totalitaires qui ont agi de même en d’autres temps et d’autres lieux.  »

Dans son allocution, le Maire Jean-Claude Guibal a tout d’abord eu une pensée pour François Alarcon, saluant « l’homme sage, enraciné, convaincu, avec des idées fortes et des valeurs qui, pour moi, sont éternelles. Un homme qui savait maîtriser et surmonter sa colère parfaitement légitime. C’est une grande perte pour nous tous. »

Il a ensuite évoqué son profond attachement pour l’Algérie, « une espèce de sentiment d’être familier avec ceux qui vivaient en Algérie. Tout ceci explique que je comprenne, autant qu’il est possible de comprendre, la révolte, la colère et la douleur qui sont les vôtres ».

Et de conclure en rappelant que « ce n’était pas un crime contre l’humanité pour la France d’être présente en Algérie. Notre pays a eu une action civilisatrice majeure mais il faut qu’il reconnaisse qu’il a commis une faute qui entache son histoire. Il faut continuer à se retrouver chaque année et transmettre aux générations futures le rôle de la France en Méditerranée. Le temps passe, les êtres qui nous sont chers s’en vont mais le relais est assuré par les nouvelles générations. »

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