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La vie de Cocteau à Menton

Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, deux manifestations de première importance sont créées à Menton : la Biennale de peinture, dont la première se déroule sous la présidence d’honneur d’Henri Matisse, et le Festival international de musique de chambre. C’est dans ce contexte de grand dynamisme culturel que Jean Cocteau, qui réside depuis 1950 à Saint-Jean-Cap-Ferrat, chez son amie Francine Weisweiller à la villa Santo Sospir, aura un véritable « coup de coeur » pour la ville de Menton.

Le Festival de Musique

En effet, au mois d’août 1955, il assiste au Festival de musique et y fait la connaissance du maire Francis Palmero. On en lit un souvenir ému dans son journal : « Au milieu de l’ignoble vulgarité de notre époque, c’est une grande surprise que le spectacle du festival de musique à Menton. Rien ne peut s’imaginer de plus étrange. On arrive par des marches en pente douce dans une gigantesque chicane de lumière, d’ombres, de façades riches et de façades pauvres, à l’italienne. La cathédrale, sa flèche vue par en dessous, des escaliers à pic vers d’autres architectures religieuses et une arche géante reliant des maisons à volets vert pâle où vivent des familles ouvrières dont les fenêtres deviennent des loges de théâtre. […] Le maire m’a fait prendre place à sa droite. Il n’y avait ni snobs, ni canaille. Une foule respectueuse et silencieuse écoutait les Quatre Saisons de Vivaldi. L’acoustique est celle d’une salle de rêve où les murmures de la rue et de la mer nourrissent en quelque sorte le silence et le font vivre. Après le concert, le maire nous recevait au club de tennis. Tout cela d’un luxe et d’une simplicité dont on n’a plus la moindre idée. »

La Salle des Mariages

Le mois suivant, Jean Cocteau consigne dans son journal une autre visite à Menton : « le maire voulait me montrer la salle des mariages pour que j’en décore les murs. » En 1955, le conseil municipal décide en effet de réaménager son hôtel de ville, et notamment de transformer l’ancienne salle des tribunaux désaffectée en salle des mariages. La décoration est confiée au poète, nouvellement académicien, qui travaille en parallèle aux décors de la chapelle de Villefranche et qui créera également l’affiche du Festival de musique de Menton la même année. Jean Cocteau réalise ses premiers dessins pour la salle des mariages le 8 avril 1956. Il définit rapidement les grands motifs principaux (Orphée, Eurydice, les centaures), ainsi que les couleurs dominantes (notamment inspirées des fleurs et plantes qui ont fait la réputation de Menton) mais n’attribue pas immédiatement un style graphique à ses compositions. Au cours de l’été 1957, il crée une forme d’écriture en arabesques colorées, qu’il nomme « style de Menton ». Comme souvent chez Cocteau, la naissance d’un style est intrinsèquement liée à l’utilisation de nouveaux outils. En l’occurrence, les craies de couleurs. Le poète trace les lignes à la craie ; le peintre les repasse au pinceau. Dans les dessins préparatoires, apparait ainsi un enroulement de lignes semblables à des spirales ou des grecques. Dès qu’il en trouve l’idée, Cocteau se lance sans retenue dans cette nouvelle entreprise et remplit méthodiquement tous les espaces vides de ses études sur papier puis de ses compositions murales. La salle des mariages, de fait, ne comporte aucun vide, aucun blanc. Les motifs décoratifs abstraits sont intégrés aux motifs figuratifs, les complètent. « Le décor de la mairie se hâte vers sa fin. Les lignes s’enroulent et méandrent presque toutes seules » témoigne-t-il en 1957. La salle des mariages est inaugurée le 22 mars 1958.

Le Bastion

En septembre 1957, alors que le poète travaille aux décors de la salle des mariages, Francis Palmero propose à Cocteau de faire à Menton « un musée de [ses] oeuvres, dans le bastion qui termine la digue entre le port et la promenade ». Cocteau s’attelle à la restauration de l’édifice, réfutant toutefois le terme de musée : « un musée de mes oeuvres serait sinistre. Il faudra trouver autre chose. "Le Bastion Jean Coteau" par exemple. Je changerai les oeuvres dès qu’elles prendront un air d’habitude. » Le Bastion revêt pour le poète une vocation testamentaire, et constitue un enjeu essentiel de la transmission des oeuvres aux générations futures. En 1961, il envoie au maire une maquette pour la grande mosaïque représentant un lézard. En 1962, il surveille l’exécution des mosaïques de galets de la façade, du rez-de-chaussée et des onze meurtrières de l’étage. Il écrit « j’ai terminé la grande mosaïque de galets du bastion de Menton. Elle représente le lézard qui symbolise la belle paresse méditerranéenne. »

En ce qui concerne le contenu du Bastion, il semble que Cocteau ait soumis à Francis Palmero une première liste d’oeuvre dès septembre 1958. Il précise cette première sélection jusqu’à sa mort en 1963. C’est Edouard Dermit qui permettra la fin des travaux selon les directives et dessins laissés par le poète. Le musée ouvrira ses portes en 1966, en présence d’André Maurois de l’Académie française, d’Edouard Dermit et de Francine Weisweiller. Le fonds originel est constitué de 102 oeuvres, dont 70 dessins, 2 peintures, 3 lithographies, 2 tapisseries, 11 poteries de Jean Cocteau. Parmi les dessins, trois ensembles thématiques se détachent : la série des 21 Innamorati, les 16 sphinx, aussi appelés « animaux fantastiques », ainsi que 7 études pour les décors de la salle des mariages, la plupart de ces oeuvres étant donnée à la ville par Edouard Dermit. Viendront s’ajouter à cette collection historique d’autres donations et acquisitions : l’Association des amis du musée acquiert un ensemble de 17 lithographies originales de Jean Cocteau et Moretti, réalisées en 1963 ; Irène Lagut artiste et proche amie de Cocteau, résidente mentonnaise à la fin de sa vie, fait trois donations successives au musée, dont un ensemble de 50 lettres, billets et cartes postales que Cocteau lui avait destinés.



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