2012 - Les Colloques de Menton

Compte rendu des Colloques de Menton - 2012

Samedi 6 octobre 2012 : « Rencontre sur les origines »
« L’émergence du sens de la Beauté »

La nature est-elle belle ? Les Mathématiques, la symétrie intrinsèque à notre univers, la parfaite construction des cristaux, le ciel étoilé, la diversité du monde vivant, comme celui des fleurs, des papillons, des oiseaux, des antilopes ou des humains, pourraient en témoigner mais la nature n’est pas consciente.
Dans notre univers, c’est chez l’Homme que la conscience du beau s’est progressivement imposée avec, il y a plus d’un million d’années chez les Homo erectus, l’acquisition de la notion de symétrie ainsi que l’émergence du sens de l’harmonie et, il y a un peu plus de 30 000 ans chez les Homo sapiens, l’apparition de la parure, de l’art mobilier, de l’art pariétal et même de la musique, puis celle des capacités cognitives d’abstraction.
Mais quelle est la signification du beau ? L’émergence du sens de la beauté n’est-elle pas une approche de la transcendance, une caractéristique de l’Homme ?

Professeur Henry de Lumley

Intervenants :

  • Henry de LUMLEY, Membre correspondant de l’Académie des Sciences et de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Directeur de l’Institut de Paléontologie Humaine - Fondation Albert 1er Prince de Monaco
  • Jean-Marie Le TENSORER, Directeur du Département de Préhistoire, IPNA, à l’Université de Bâle
  • Christine SOURGINS, Historienne de l’Art
  • Gérard ONORATINI, Chargé de recherche Première Classe au CNRS – antenne de l’Institut de Paléontologie Humaine de Aix-en-Provence

Samedi 13 octobre 2012 - Thème « Quelle philosophie pour notre Temps ? »
« De l’absurde à la quête de sens »

Au XVIIIème siècle, Jean-Jacques Rousseau écrivait : « L’Homme est né libre et partout il est dans les fers. » Il opposait ainsi l’état de nature, qui faisait le bonheur de l’humanité, à l’état social, source d’insatisfactions. Il s’agit pour le philosophe des Lumières de mettre au jour la liberté, de lutter contre ce qui en nie l’existence et en empêche la compréhension.

« Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Avons-nous chacun quelque chose de particulier à réaliser ? Sur quels rochers fonder notre vie ? » (Frédéric Lenoir). Seul être vivant capable de s’interroger sur le sens de son existence, l’Homme est un être métaphysique, à la recherche des causes et des principes premiers. Pour Albert Camus, deux forces s’opposent : l’appel humain à connaître la raison d’être et l’absence de réponse. L’Homme vit dans un monde dont il ne comprend pas toujours le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être. Or selon Camus, il n’y a pas de raison satisfaisante au sens de la vie. C’est ce qu’il nomme l’état d’absurde. Comment l’Homme peut-il alors parvenir à donner un sens à son existence ?

La Religion a longtemps assumé des fonctions sociales névralgiques dans la société occidentale, servant de guide et créant des raisons communes ainsi que des valeurs partagées. Dieu est pensé comme l’origine de toute chose, la raison pour laquelle quelque chose existe plutôt que rien. Christianisme, Bouddhisme, Taoïsme, Hindouisme, « LÂme du Monde » comme l’exprimaient les philosophes de l’Antiquité enseignent une sagesse, portent des traditions et des valeurs donnant un sens spirituel à l’existence humaine.

Aujourd’hui, la société a éloigné la pratique religieuse et la spiritualité de son quotidien, perturbant son système de valeurs dominantes. Pour les philosophes du postmodernisme, la société de communication et de consommation de masse a enchaîné l’Homme, la matérialité de son existence ayant remplacé sa spiritualité. Notre époque montre en effet de nombreux exemples de ce « Désenchantement du monde ». Cette expression de Max Weber renvoie, dans son sens large, au déclin des valeurs censées participer à l’unité du monde des hommes. Les bouleversements économiques, écologiques, géopolitiques et technologiques actuels le conduisent plus que jamais à des interrogations profondes, parfois anxiogènes. La crise que l’Europe traverse aujourd’hui serait donc également de nature existentielle, voire identitaire. Face à un monde qu’il ne semble plus maîtriser l’Homme est en quête d’un ultime refuge. Pour Camus, « L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est la révolte ».

Pour les positivistes contemporains tels que Tzvetan Todorov, « La sagesse consiste à trouver le sens de sa vie dans la vie elle-même, non ailleurs », c’est-à-dire qu’il nous faudrait donner un sens à l’existence à partir de valeurs dites ordinaires : le travail, l’amour, l’amitié, etc. Ces valeurs permettent le passage à l’action et de s’ouvrir aux autres. Cette forme de positivisme redonne aux individus le goût de faire des projets et de sortir ainsi du nihilisme.

Intervenants :

  • Michel MAFFESOLI, Membre de l’Institut Universitaire de France, Professeur de sociologie à la Sorbonne, Directeur du CEAQ (Paris Descartes), Directeur du CRI (MSH), Administrateur du CNRS, Membre de l’Académie Européenne des Sciences et des Arts
  • Pascal BRUCKNER, Romancier et Essayiste, Auteur de « L’Euphorie perpétuelle : Essais sur le devoir de bonheur » « Le fanatisme de l’Apocalypse »
  • Père Sylvain BRISON, Institut catholique de Paris – Theologicum, Institut supérieur de Théologie Nice Sophia Antipolis

Samedi 20 octobre 2012 : Thème « La cité des Hommes »
« De crise en crise, où va l’Europe ? »

Déjà 5 ans. Le début de la fameuse crise, c’était en 2007. Tout est parti de la chute des « subprimes » aux Etats-Unis. En Europe, ce fut un jeu de dominos : l’Italie, l’Irlande, l’Espagne, la Grèce, le Portugal, la France et même l’Allemagne… Un véritable effondrement de l’économie et de la finance, touchant de toute part le continent. Sa stabilité et sa force qui s’appuyaient sur l’Union Européenne et sur la monnaie unique sont menacées. La longueur de la crise européenne et son caractère systémique ont imposé aux dirigeants du vieux continent d’étendre leur réflexion.
A la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’articulation de la prospérité matérielle, de la redistribution sociale et des progrès techniques avait épanoui la civilisation européenne. Mais aujourd’hui ces piliers vacillent. Les failles se sont creusées et l’Europe est devenue le vecteur même du trouble : dettes publiques, chômage, déclin de l’activité industrielle, systèmes bancaires fragiles… Le filet de protection de l’Union s’effondre. A quoi ressemblera l’Europe de demain ?

Au-delà de la crise de la dette publique grecque, plusieurs pays européens tels que l’Espagne ou l’Italie sont entrés en phase de récession. La France, quant à elle, doit se contenter d’une croissance nulle. L’heure est venue pour tous les Européens de s’interroger sur la direction à prendre, sur les objectifs à fixer et sur les perspectives à défendre pour le développement et le bien-être des générations futures. Les gouvernements devront-ils conforter la zone euro ? Quelles sont les solutions envisageables afin de relancer l’économie française et européenne ? Au cœur des débats anticrise, le devenir européen sera-t-il dans l’union de toutes ses forces, économique, politique et financière, c’est-à-dire dans le fédéralisme de ses états ?
Une grande fierté habite les Européens, celle d’avoir porté les fondements de la société occidentale. Normes juridiques et politiques, principes éthiques, inventions techniques… Rome et la Grèce antique ont forgé notre culture. Berceau de notre civilisation, elles influencent encore considérablement le monde. Pourtant l’Europe se cherche : Rome, où sont tes valeurs ? La crise n’est pas seulement financière et économique, mais plus profonde encore. Les Européens ont ce sentiment d’avoir perdu leur identité, leurs certitudes, leurs valeurs. Comment devra se réinventer l’Union Européenne pour répondre à cette question : qui sommes-nous et où allons-nous ?
Les crises ont ceci de positif qu’elles créent l’occasion de se dépasser, comme l’Histoire semble le confirmer. L’instabilité monétaire a entraîné, au début des années 90, la création de la monnaie unique. Lorsque les crises frappent directement les Etats et les citoyens, la réaction est rapide - comme ce fut le cas lors de la dernière crise bancaire. Or, quel scénario envisager alors pour mettre fin aux tensions actuelles ? L’Europe jusqu’à aujourd’hui s’est, elle aussi, construite en réponse aux événements qu’elle affrontait. Saura-t-elle une fois de plus surmonter l’épreuve ? Dans quelle direction s’orientera-t-elle ?

Intervenants :

  • Jean-François MATTEI, Docteur d’État ès-Lettres, Agrégé de Philosophie, Diplômé de Sciences politiques, Professeur émérite de l’université de Nice-Sophia Antipolis, Professeur de philosophie politique à l’Institut d’Études Politiques d’Aix-en-Provence, Chevalier de la Légion d’Honneur
  • Alain-Gérard SLAMA, Essayiste, Journaliste, membre du comité éditorial du Figaro, Historien
  • Jean-Hervé LORENZI, Economiste, Président du Cercle des Economistes, Conseiller du directoire de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild, Membre du Conseil d’analyse économique 

Samedi 27 octobre 2012 : Thème « Science et Conscience »
« Peut-on légaliser l’euthanasie ? »

La Loi Leonetti du 22 avril 2005, relative aux droits des patients en fin de vie, a pour teneur d’éviter les pratiques de l’euthanasie et d’empêcher l’acharnement thérapeutique. Ce texte permet, dans un cadre bien défini, l’arrêt d’un traitement médical trop lourd et le développement des soins palliatifs administrés aux patients en fin de vie, pour soulager leurs souffrances ; l’euthanasie active reste punie par la loi.
Aujourd’hui, une nouvelle mission de réflexion dirigée par le professeur Didier Sicard envisage de dépasser la loi Leonetti. Au-delà du débat « pour ou contre l’euthanasie », peut-on aller plus loin dans les cas exceptionnels où l’administration thérapeutique ne suffit plus ? L’offre des soins palliatifs est-elle adaptée en France ?

Le rapport « Fin de vie, un premier état des lieux », publié en février dernier, fait apparaître le rallongement constant de l’espérance de vie et la modernisation scientifique et technologique, qui rendent aujourd’hui chroniques des maladies autrefois mortelles. Avec l’intensification des moyens médicaux est apparue la notion d’« acharnement thérapeutique ». En mars 2012, lors d’un sondage, 91% des Français se déclaraient favorables à une nouvelle législation en faveur d’une administration directe de la mort dans des cas extrêmes. La commission présidée par le professeur Sicard devra dire si la France s’en tient au refus de l’euthanasie active, comme la majorité des états européens, ou si elle autorise sous certaines conditions le droit de mourir, comme le font la Belgique et les Pays-Bas. Le respect du Cinquième Commandement « Tu ne tueras point » est essentiel au bon fonctionnement de la société. Cependant, l’euthanasie peut apparaître comme un acte de compassion. Sa transgression peut-elle être tolérée dans certains cas ?
Il est des débats plus difficiles que d’autres. Celui de l’euthanasie, qui traverse une société française où l’espérance de vie croît actuellement de 2 à 3 mois par an, en fait partie et semble délicat à trancher. Il convient de questionner l’humanité du dilemme, sans parti pris, en examinant les enjeux affectifs et philosophiques, bien entendu, mais aussi économiques, sociaux et politiques qui en découlent. Si les clivages sont vifs entre partisans et détracteurs, tous s’accordent sur un point : le respect de la dignité humaine.

Intervenants :

  • Jean LEONETTI, Député des Alpes-Maritimes, Maire d’Antibes, Ancien ministre chargé des affaires européennes, Rapporteur de la loi Leonetti de 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie
  • Mylène BOTBOL-BAUM, Professeur de philosophie et de bioéthique à l’Université de Louvain en Belgique, membre du centre de recherche Santé et Société
  • Jacques RICOT, Professeur de bioéthique au département de philosophie de l’Université de Nantes, Membre du bureau de l’association Philosophia, professeur de philosophie au Grand Séminaire de Nantes, Intervenant pour l’évêché de Nantes, Auteur de « Dignité et euthanasie », « Le mourant » et « La tentation de l’euthanasie ».



Les Colloques de Menton : Penser notre temps
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