Publié le : 26 avril 2026 | Par : Ville de Menton
Dimanche 28 avril place Kœnig, la Ville était aux côtés de la communauté israélite de Menton et des familles de déportés pour commémorer la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Messages, allocutions, appel des camps, prière du Kaddish, chants des Marais et des Partisans puis hymne national ont rythmé cette nouvelle cérémonie qui commémorait également le 81e anniversaire de la libération des camps de concentration et d’extermination. Six gerbes ont été déposées au pied du monument de la Résistance dont celle de la Ville par le maire, Alexandra Masson, accompagnée d’élèves mentonnais.
Cette commémoration, qui a rassemblé autorités officielles, associations patriotiques, porte-drapeaux et Mentonnais, a été instaurée par la loi du 14 avril 1954, sur proposition du sénateur Edmond Michelet, membre du réseau de résistance Combat et déporté à Dachau. Elle se tient chaque année le dernier dimanche du mois d’avril en raison de sa proximité avec la date anniversaire de la libération de la plupart des camps de concentration nazis.
Aux côtés de la communauté
« À la lecture des neuf millions de morts dans les camps de concentration, nous avons tous la nausée, a déclaré le maire, Alexandra Masson. Ce moment de commémoration est important et représente un temps de combat. Nous tous réunis ici n’avons qu’une envie : lutter contre l’antisémitisme, lutter pour que ces événements plus que monstrueux ne se reproduisent pas, même si des événements tragiques continuent de se produire… Mais nous, ici, à Menton, nous allons encore continuer à nous battre. Je serai aux côtés de la communauté israélite, car comme vous le savez, c’est un combat qui me tient personnellement à cœur. »
Survivre et transmettre
« La mort par le gaz, le travail forcé, la faim, la soif, les sévices de toutes sortes… Lorsque les armées alliées entrèrent dans les camps, elles ont été confrontées à l’horreur. Au milieu de milliers de cadavres qui jonchaient le sol, des survivants erraient parmi les décombres, regards vides, corps décharnés. Les survivants ont vécu un retour difficile à la vie et à la liberté. Mais fidèles aux serments prêtés à leurs camarades disparus, ils ont pris le chemin courageux du témoignage et de la transmission. Un acte de confiance à l’égard des jeunes générations dont la conscience et la responsabilité doivent permettre de garantir les valeurs civilisatrices de paix, de liberté et de dignité pour tous », a évoqué Marcelle Dinh Van Chi, présidente de la Fédération nationale de déportés, internés, résistants et patriotes.
Rester humains
« Aujourd’hui nous voyons réapparaître certains signes. La montée de l’antisémitisme n’est pas un détail de l’histoire contemporaine. C’est un signal, un indicateur puissant de dérives profondes, a poursuivi Charles Choukroun, président de la cultuelle israélite. Mais ce qui a été possible peut être empêché. Et cela commence par chacun d’entre nous. Oui, il faut parler, expliquer, éduquer, nommer les choses avec clarté et agir. Chaque fois que nous nous levons, que nous défendons nos valeurs et que nous refusons la soumission, nous faisons reculer l’ombre. Mais je veux aussi parler d’espoir. Un espoir lucide, exigeant, qui repose sur notre responsabilité. Nous avons en nous la capacité de choisir : la vigilance plutôt que l’oubli, le courage plutôt que le silence, l’humanité plutôt que la peur. Que cette commémoration ne soit pas seulement un hommage mais un engagement à ne jamais oublier à transmettre et à agir, chacun à notre niveau. Parce qu’au fond, la plus grande victoire contre l’inhumanité, c’est notre capacité, jour après jour, à rester humains. »









